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Faut-il avoir peur de l’islam ? Annales d’Issoudun, octobre 2019

Interview d’Antoine Fleyfel réalisée par les Annales d’Issoudun, numéro d’octobre 2019.

Propose recueillis par Nathalie Duplan.

Issoudun

1. La plupart des Français ont peur de l’islam, politique ou religieux, et des musulmans. Ces craintes sont-elles fondées ?

Ces craintes sont fondées sur bien des amalgames et sur une ignorance de l’islam qui est un univers très riche, contradictoire, varié, multiple, sujet à instrumentalisation et sous tension. On trouve par exemple dans l’islam, la violence du salafisme jihadiste et l’amour prôné par le soufisme, l’islam politique voulant instaurer un État islamique et l’islam libéral qui sépare nettement politique et religion. Aujourd’hui, ce ne sont malheureusement pas les meilleures figures qu’on entend le plus, et des comportements de facture communautariste brouillent le regard. Les Français doivent certainement être alertes lorsque ce qui fait la France (démocratie, droits de l’homme, égalité des sexes, diversité, etc.) est compromis ; cependant, il faudra aussi regarder ce qu’apportent de positif bien des Français musulmans à la France, depuis plusieurs décennies.

2. Dans Les dieux criminels, vous évoquez les dérives et extrémismes de diverses religions. Toute confession est-elle potentiellement dangereuse ou susceptible d’être instrumentalisée ?

Bien sûr ! Le texte sacré en soi n’a pas de sens. Il n’en revêt un qu’une fois lu et interprété, et c’est là où le bât blesse. Car on peut faire dire au texte une chose et son contraire. Les grandes figures du soufisme (Hallaj, Rabi’a ou Ibn Arabi) et du salafisme (Ibn Taymiyya, Abdelwahhab ou Qutb), lisaient tous le même Coran. Or les fruits de leurs lectures se situent aux antipodes. Les interprétations exclusives, fondamentalistes ou violentes d’une religion dépendent très souvent de graves vicissitudes ou d’une volonté de mainmise politique instrumentalisant la religion. Cela est aujourd’hui évident pour l’observateur de l’évolution de l’islam. Aucune religion n’échappe à cette règle qui trouve à sa source, non la volonté divine – loin de là –, mais le désir humain d’incarner ses idéaux en interprétant le texte sacré dans un sens qui lui convient. Heureusement qu’il existe des magistères, des théologiens et des penseurs critiques pouvant dénoncer ce genre de dérives.

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De l’islam politique, Affaire du Lycée Averroès à Lille, RCF, 19.10.2019

De l’islam politique, Antoine Fleyfel, 3’40-8’35
Dans le cadre d’une émission qui porte sur le problème des financements du Lycée Averroès à Lille.
Présentation de l’émission par RCF :
Le président de la région des Hauts de France a décidé de bloquer les subventions à destination du lycée musulman Averroès. Xavier Bertrand exige plus de transparence sur les fonds étrangers versés à ce lycée privé sous contrat. Ce n’est pas la seule raison du blocage des subventions.  L’éducation nationale n’a jamais transmis les audits réalisés dans ce lycée. Pourquoi ce silence ? Faut-il s’inquiéter de ces financements ? A la suite du livre “Qatar Papers”, qui dénonce une stratégie d’influence dans l’Hexagone, Madeleine Vatel revient sur le contexte qui a conduit les élus à la vigilance.

Syrie, Les chrétiens du Nord Est encore éprouvés, KTO, 16.10.2019

La Syrie est à nouveau fragilisée après l’offensive menée par la Turquie le 9 octobre dans le Nord-Est, suivie de l’intervention de l’armée syrienne. Cette crise aurait provoqué le déplacement d’au moins 160.000 civils, selon l’ONU. La situation humanitaire et sécuritaire est très préoccupante.
Antoine Fleyfel, invité de l’émission Églises du monde, KTO, 16.10.2019.

Lexique libanais de poche, L’Harmattan, 2019

Lexique libanais de poche

Ce lexique de poche de parler libanais est l’outil idéal de l’apprenant et du touriste. Avec 2400 entrées, il met à disposition les mots les plus utilisés, regroupés selon les thèmes de la vie courante. L’accent utilisé pour la transcription des mots est celui de ma ville d’origine, la belle Achrafieh. Ce travail apporte une nouveauté par rapport à ma méthode, fondée sur la phonétique : j’y introduis l’écriture arabe, afin que ceux qui en connaissent l’alphabet et qui veulent comparer la manière de prononcer les termes, puissent bénéficier d’une double indication. Yalla, mwaff2in !

Nombre de pages : 200

Prix : 7 euros

Extrait sur Google Books

Commander l’ouvrage

Manuel de parler libanais, 2e édition, Paris, L’Harmattan, 2019, 154 p.

Parler libanais 2

Le parler libanais – un accent du dialecte arabe moderne au Moyen-Orient – dépend essentiellement de la langue arabe, mais garde certaines traces de la langue syriaque, notamment aux endroits de la prononciation et du vocabulaire. Cette méthode opte pour un vocabulaire largement fidèle à l’arabe et à la tradition locale. Ce manuel s’adresse à des Français(es) et à des francophones désirant étudier le dialecte libanais, dans le but de le parler et sans passer par l’apprentissage de la langue arabe, de son alphabet et d’une bonne partie de sa grammaire. La deuxième édition de ce livre fournira à celles et à ceux qui le travaillent des éléments de base pour leur apprentissage du parler libanais.

Antoine Fleyfel, Être oriental catholique, France culture, 25.08.2019

Être catholique et oriental, interrogation sur un lien qui peut paraître paradoxal. Interviewé par Sébastien de Courtois, le 25.08.2019, dans le cadre de son émission Chrétiens d’Orient (France culture).

“La royauté jordanienne combat les islamistes”, Famille chrétienne, 23.10.2018

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Famille chrétienne | 23/10/2018 | Numéro 2128 | Par Hugues Lefèvre

Comment la Jordanie fait-elle pour préserver chez elle la paix ? Éléments de réponse avec Antoine Fleyfel, spécialiste des chrétiens d’Orient (1).

Pourquoi la Jordanie a-t-elle été globalement préservée du terrorisme islamiste ?

La première raison est que la royauté combat les islamistes depuis les années 1980. Elle a tout fait pour les écarter du pouvoir, en particulier les Frères musulmans, dont l’idéologie n’est pas très éloignée de celle des salafistes djihadistes.

Ensuite, le royaume prône un islam modéré. Il met en avant son ouverture religieuse et encourage le dialogue interreligieux. Sur le plan diplomatique ensuite, la Jordanie entretient de solides alliances avec l’Occident, en particulier avec les États-Unis, présents militairement sur place. Cette ouverture diplomatique contribue à assurer au pays la stabilité. Enfin, la sécurité à l’intérieur du pays est très présente, notamment à Amman, où les lieux sensibles et touristiques sont très protégés.

Cette stabilité est-elle pérenne ?

Très probablement, surtout si l’alliance avec les États-Unis se poursuit. Personne n’a intérêt à ce que la Jordanie soit déstabilisée. Ni les Occidentaux, ni Israël, ni les pays du Golfe. Mais il faut être vigilant face à la montée de l’islamisme. La situation économique du pays est très dégradée. On parle d’un taux de chômage d’au moins 18 %, et de 20 % de Jordaniens qui vivent sous le seuil de pauvreté. Or, on sait que les mouvements islamistes trouvent leur principal carburant dans la dégradation de la situation sociale. D’ailleurs, derrière les manifestations des derniers mois, on trouve parmi les principaux acteurs les Frères musulmans.

Le poids des réfugiés fragilise-t-il le modèle jordanien ?

Le pays vit sous perfusion de l’aide occidentale et du FMI. L’arrivée massive de réfugiés a provoqué un afflux de main-d’œuvre très bon marché. La fermeture de la frontière avec la Syrie a gelé une partie du commerce. Aujourd’hui, la Jordanie est un pays pauvre, où la vie est chère. La démographie y est très singulière : certaines sources disent qu’il n’y a que 20 % de Jordaniens de souche. Les autres sont des réfugiés palestiniens (60 %), syriens (10 %) ou irakiens (7 %). La fin de la crise syrienne devrait toutefois soulager l’économie jordanienne.

Hugues Lefèvre

(1) Professeur de philosophie et de théologie à l’Université catholique de Lille, auteur notamment de Géopolitique des chrétiens d’Orient, L’Harmattan, 2013.

 

Antoine Fleyfel, 70 ans d’Israël / Une vision messianique, RFI, 17.06.2018


Interviewé par Geneviève Delrue sur RFI le 17.06.2018

Les dieux criminels, L’Homme Nouveau, 03.2018

Paru dans L’Homme Nouveau, bimensuel catholique, mars 2018.

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Allant à l’encontre d’une idée répandue selon laquelle l’implication d’une religion dans les conflits résulte de son instrumentalisation par la politique, Antoine Fleyfel nous donne ici à « comprendre comment les doctrines religieuses elles-mêmes, soumises à des exégèses très précises, servent de fondement surnaturel et eschatologique à des mouvements monstrueux ». On ne peut qu’approuver cette démarche qui contribue à éclairer l’intelligence de situations trop souvent difficiles à saisir par les esprits occidentaux façonnés par le rationalisme. L’origine libanaise de l’auteur, qui enseignement à l’université catholique de Lille, l’a sans doute préparé à cet exercice bien utile.

Évangélisme sioniste, sionisme religieux et salafisme djihadiste : ces trois idéologies religieuses se retrouvent au Proche-Orient en position offensive. Émanation du protestantisme anglo-saxon, le premier mouvement (40 millions de fidèles) considère l’avènement d’Israël comme relevant directement des prophéties bibliques et donc lié à l’histoire du salut ; pour ses adeptes, Jérusalem doit être reconnue capitale indivisible de l’État hébreu. Dérivé du sionisme laïque originel, le second a été récupéré par des juifs orthodoxes fondateurs du Goush Emounom (Bloc de la foi), fer de lance de la colonisation et opposé à tout compromis avec les Palestiniens. Enfin, le troisième s’enracine dans une conception radicale de l’islam dont Al-Qaïda et Daech sont les expressions les plus récentes. Il va de soi qu’aucune paix n’est envisageable à partir de tels programmes. Antoine Fleyfel prend soin toutefois de mettre en évidence les opposants chrétiens, juifs et musulmans à ces idéologies mortifères. Celles-ci épargnent le catholicisme, réalité qui doit être prise en compte dans toute évangélisation honnête des enjeux politico-religieux du monde actuel.

L’Homme Nouveau

Annie Laurent

Mars 2018

Antoine Fleyfel: “Les chrétiens d’Orient ne vont pas disparaître”, cath.ch, 27.03.2018

Malgré les difficultés majeures et les défis auxquels ils sont confrontés, les chrétiens d’Orient ont encore un avenir et ne vont pas disparaître. Telle est la conviction du théologien et philosophe franco-libanais Antoine Fleyfel. Dans les sociétés arabes, profondément perturbées par l’islamisme radical, les chrétiens ont un rôle essentiel à jouer pour le dialogue et pour la paix.

cath-info

Auteur d’une Géopolitique des chrétiens d’Orient parue en 2013, Antoine Fleyfel a dressé à l’Université de Fribourg le tableau complexe de la situation des chrétiens dans les divers pays du Proche-Orient arabe. A la dénomination très large de chrétiens d’Orient, il préfère celle plus précise de chrétiens arabes présents dans six pays: Liban, Syrie, Irak, Jordanie, Israël-Palestine et Égypte. Au-delà de leurs diversités évidentes, ces chrétiens partagent trois traits communs: la culture et la langue arabe, la cohabitation avec l’islam et la cause palestinienne.  “Nous sommes des chrétiens de culture musulmane”, ose le professeur de l’Institut catholique de Lille, invité par l’Œuvre d’Orient.

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