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Un nouvel institut d’étude des chrétiens d’Orient, La Croix, 06.07.2020

Un nouvel institut d’étude des chrétiens d’Orient

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À la rentrée 2020, l’Institut des chrétiens d’Orient proposera quatre cours au grand public et une plateforme à destination des chercheurs.

Soutenue par l’Œuvre d’Orient, cette nouvelle structure a pour objectif de se développer largement, sans concurrencer les structures déjà existantes.

C’est un « engagement personnel » qui anime Antoine Fleyfel. Le Franco-Libanais, professeur en théologie et philosophie, dirige le nouvel Institut des chrétiens d’Orient. Celui-ci ouvrira ses portes au 1er octobre dans les locaux de l’Œuvre d’Orient et des Sœurs Antonines, à Paris.

Il revendique une approche pluridisciplinaire, au-delà de certains raccourcis : « La réalité des chrétiens d’Orient ne se résume pas aux icônes, à l’encens, affirme-t-il. L’Institut ne sera pas non plus un centre de formation spirituelle ou pastorale. » Sciences sociales, sociologie, histoire, littérature, théologie sont entre autres au programme.

Après un an et demi de préparation, les contours de la première session ont été dévoilés : quatre cours, de douze séances de deux heures chacun, seront proposés sur « la géopolitique des chrétiens d’Orient », « la pensée chrétienne au Liban », « la patrologie orientale » et « islam et christianisme ». Antoine Fleyfel compte sur l’expérience du confinement pour mettre à disposition trois cours en ligne et « permettre à des personnes hors région parisienne de suivre les enseignements ».

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Il y a un siècle, le Grand Liban, Bulletin de l’Œuvre d’Orient, n. 799, avril-juin 2020

 

 Il y a un siècle, le Grand Liban

GL

Le 1er septembre 1920, le général Henry Gouraud, haut-commissaire de la République française au Levant, entouré du patriarche maronite Élias Hoyek et du grand mufti Moustafa Naja, proclama la naissance de l’État du Grand Liban. Aboutissement d’une militance chrétienne héritée du XIXe siècle, il préfigura la République libanaise.

Un siècle plus tard, il serait utile de se rappeler cette étape fondamentale de l’histoire moderne du Liban, surtout en évoquant le rôle central des maronites et l’appui incontournable de leur alliée par excellence, la France. La compréhension de ce sujet passe nécessairement par l’évocation de la réalité politique qui précéda le Grand Liban et le supposa, à savoir la Moutasarrifiya.

1-     La Moutasarrifiya du Mont-Liban

À la suite de tensions qui duraient depuis de longues années entre druzes et maronites, ces derniers subirent de terribles massacres en 1860 au Mont-Liban. Les druzes réagissaient à la volonté chrétienne de domination. L’hécatombe ne fut interrompue que grâce à l’intervention militaire de la France de Napoléon III. Le bilan était lourd : 11 000 tués, 4 000 morts de faims et 100 000 déplacés.

Sous l’égide des Ottomans, une commission internationale (France, Russie, Autriche, Prusse, Italie et Grande Bretagne) se réunit afin de trouver une nouvelle formule pour le Liban. Un accord dit « Règlement organique » fut obtenu en juillet 1861. Il fit du Liban un sandjak ottoman, moutasarrifiya en arabe, une division administrative jouissant d’une autonomie intérieure spéciale garantie par les six pays susmentionnés. Cette nouvelle entité s’appela Moutasarrifiya du Mont-Liban. À sa tête, un moutasarref (haut fonctionnaire nommé par le sultan) chrétien non libanais, de nationalité ottomane, aidé par un Conseil administratif composé de 12 membres représentant les communautés religieuses, dites aussi confessions : 4 maronites, 3 druzes, 2 grecs orthodoxes, 1 grec catholique, 1 sunnite et 1 chiite.

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Liban : l’épidémie frappe un pays déjà à genoux, KTO 21.05.2020

Le Liban pourra-t-il se relever ? Confronté à une crise économique sans précédent depuis 30 ans, ayant provoqué à l’automne de violentes manifestations pour dénoncer la corruption, le Liban s’enfonce chaque jour un peu plus. Le tissu industriel et agricole s’est effondré et le chômage atteint désormais près de 40% de la population. Le coronavirus, même s’il n’a fait à ce jour que peu de victimes dans ce pays de 6,5 millions d’habitants, vient amplifier une situation déjà alarmante. Si des aides internationales du FMI ou du Vatican (le 14 mai, le Pape François a annoncé l’envoi de 200 000 dollars pour soutenir les étudiants) sont attendues, sur place, la pauvreté, la faim et la colère gagnent du terrain. Comment les chrétiens vivent-ils cette situation? Au-delà de la distribution de colis alimentaires par certaines paroisses et ONG, quel rôle peut jouer l’Eglise du Liban pour sortir de cette crise ? Antoine Fleyfel, spécialiste des chrétiens d’Orient, fait le point sur la situation.

À paraître : Prières de l’Église maronite [reporté]

  Parution reportée pour fin 2020 à cause de la Covid.

Prières de l'Eglise maronite - FLEYFEL

Les chrétiens d’Orient, âmes de la renaissance arabe, Bulletin de l’Œuvre d’Orient, n. 798, janvier-mars 2020

Les chrétiens d’Orient, âmes de la renaissance arabe

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La contribution majeure des chrétiens d’Orient au mouvement réformateur du monde arabe dit Nahda est souvent évoqué lorsqu’il est question de parler de leur inscription dans leurs contextes et de leur avenir. Ceux qui, parmi ces chrétiens, connaissent cette période cruciale en terme de culture et d’éducation, qui n’eût de toute évidence pas été ce qu’elle fut sans eux, sont fiers de cet héritage qui reste de leur responsabilité. Car lorsqu’on souhaite parler, aujourd’hui, de l’implication des chrétiens d’Orient dans leurs pays différents, on évoque surtout leurs écoles, leurs maisons d’éditions, leurs universités, leurs médias, leur presse, leur production littéraire et leur militance pour créer des États citoyens, libres et laïcs. Tout cela est sans doute en continuité avec la Nahda ; mais prudence, celle-ci était un mouvement pluriel qu’il faut examiner de près.

Cet article a comme but de rappeler quelques thèmes principaux de la Renaissance arabe, tout en mettant en exergue le rôle déterminant des chrétiens. Ce moment de l’histoire du monde arabe questionne notre présent.

I- La Nahda, Renaissance du monde arabe

Le mot Nahda (terme arabe qui signifie force, éveil, essor, renaissance) désigne une période du monde arabe, allant de la fin du XVIIIe à la moitié du XXe siècle. Comme concept, la Nahda désigne ce qui est communément connu comme « Renaissance arabe ». Les spécialistes ne sont pas d’accord sur l’événement déclencheur de ce mouvement. D’aucuns situent par exemple sa source dans l’expédition de Napoléon en Égypte (1799-1802) et d’autres dans la mission scolaire égyptienne d’al-Tahtawi (1801-1873), imam de l’université al-Azhar envoyé par le khédive Méhémét Ali en 1826 en France pour l’étude de la langue française et de la traduction. Durant son séjour parisien qui dura cinq ans, il mena une réflexion autour de l’évolution de la civilisation musulmane et de sa rencontre avec la modernité européenne ; il publia cela en 1834 dans son récit de voyage intitulé L’Or de Paris qui lança le débat. Fasciné par la civilisation européenne, al-Tahtawi prônait l’emprunt, par l’Égypte, de tous les éléments de la modernité compatible avec l’islam. La rédaction de cette œuvre se fit dans un arabe à la syntaxe assouplie, suggérant la réforme de cette langue.

La Nahda s’effectua dans le cadre d’un contexte culturel et politique bien précis, décrit classiquement comme celui de la pénétration économique et politique de l’Occident dans le monde arabe, et celui des Tanzimat (1839-1876), réformes qui eurent lieu dans l’Empire ottoman, instaurant, entre autres, l’égalité entre chrétiens et musulmans, tout en maintenant à ces derniers leurs privilèges confessionnels. Cependant, nombre d’études montrent que les origines de la Nahda se trouvent aussi en Turquie, en Perse, en Afghanistan, en Inde, et même dans les Balkans et en Russie.

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Le Liban enlisé dans une crise politique, RCF, 02.03.2020

Au Liban, la situation se dégrade de jour en jour au niveau social, économique et financier. Une crise qui pourrait conduire à l’effondrement et déstabiliser la région.

Émission : Le temps de le dire, RCF, présentée par Sophie Nouaille, le 02.03.2020.

Invités : Antoine Fleyfel et Luc Balbon

Chrétiens d’Orient en France : « Dans nos paroisses ils sont chez eux, mais ils cherchent à retrouver une chaleur communautaire », RCF, 29.01.2020

Comprendre la situation et la vie des Chrétiens d’Orient dans leur diversité, c’est ce à quoi les auditeurs vendéens ont été invités par Antoine Fleyfel, le 15 janvier dernier, dans le cadre d’une conférence organisée par l’Œuvre d’Orient, au sein du centre de documentation diocésain La Source, rue Joffre à la Roche-sur-Yon. Antoine Fleyfel, franco-libanais, professeur au collège des Bernardins, a montré que si la situation en Syrie et en Irak a été hémorragique, les Chrétiens d’Orient ne sont pas menacés partout.

 

 

Le professeur Fleyfel a évoqué également la diaspora des Chrétiens d’Orient. Elle n’est pas récente, elle a toujours été un élément important de l’histoire de ces communautés. N’oublions pas que les chrétiens sont 10 à 12 millions en Orient, mais presque 20 millions de par le monde. Ce spécialiste du Proche-Orient a montré aussi que des aventures politiques à plusieurs confessions étaient possibles, comme au Liban.
Comment ne pas aborder enfin la vie les Chrétiens d’Orient chez nous. Ils sont nombreux désormais à être installés, nous les retrouvons dans nos paroisses, dans nos églises. Comment les accueillir au mieux ?

Minorités d’Orient, les oubliés de l’Histoire, avec Tigrane Yegavian, France culture, 26.01.2020

Rencontre à France Culture le 26.01.2020 dans le cadre de l’émission Foi et Tradition, pour parler du dernier livre de Tigrane Yegavian.

Tigrane Yegavian est l’auteur de “Minorités d’Orient, les oubliés de l’Histoire”, un essai novateur qui veut sortir les chrétiens d’Orient du seul phénomène de victimisation.

Antoine Fleyfel est philosophe et théologien. Il commente avec nous l’ouvrage de Tigrane Yegavian.

Émission présentée par Sébastien de Courtois.

Les Chrétiens d’Orient, 2000 ans d’histoire : Exils, KTO, 12.2019

Documentaire KTO, décembre 2019

 

 

Pour les chrétiens d’Orient, le XXe siècle qui s’ouvre est celui de tous les changements : dans un monde bouleversé par la première guerre mondiale, l’Empire Ottoman vit ses derniers instants.Les puissances européennes se partagent des continents entiers et la révolution des transports change la destinée de millions d’hommes et de femmes. Face à ces bouleversements, les chrétiens arabes se nourrissent d’idées nouvelles. Polyglottes, ouverts sur ‘l’extérieur, fiers de leur identité, ils veulent participer à la construction de ce nouveau monde… Quelle contribution les chrétiens d’Orient apportent ils à ce monde arabe qui tente de retrouver son unité ? Pourquoi est-on passé du panarabisme ou panislamisme ? Comment peut-on expliquer la disparition des chrétiens du Proche Orient ?

L’œcuménisme au Moyen-Orient, Bulletin de l’Œuvre d’Orient, n. 797, oct.-déc. 2019

L’œcuménisme au Moyen-Orient

 

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L’œcuménisme est depuis plusieurs décennies une exigence ecclésiale et théologique majeure. Il connut des moments forts lors du XXe siècle, notamment à travers la création du Conseil Œcuménique des Églises en 1948 (350 Églises membres), et dans le sillage de l’aggiornamento du concile Vatican II (1962-1965), tournant décisif en la matière. La question œcuménique diffère au Moyen-Orient et fait face à des problèmes propres au contexte.

Un contexte différent

 L’œcuménisme auquel l’Occident est en général accoutumé concerne principalement les dialogues entre les catholiques, les protestants, ainsi que les orthodoxes dans certains contextes. Le dialogue œcuménique au Moyen-Orient n’est pas concerné d’une manière directe par les problématiques occidentales, d’autant plus que les protestants y sont une minorité adventice. Il évolue dans un contexte particulier dont il faut soulever deux éléments majeurs.

En plus des trois familles ecclésiales catholiques, orthodoxes et protestantes, il existe en Orient deux autres : les Églises des deux conciles, dites jadis nestoriennes (actuellement les deux Églises assyriennes), qui ont rejeté le concile d’Éphèse en 431, et les orthodoxes orientaux, dits jadis monophysites (copte orthodoxes, arméniens apostoliques et syriaques orthodoxes), ceux qui ont rejeté le concile de Chalcédoine en 451. Cela a des conséquences de taille sur le dialogue qui doit tenir compte de problématiques propres aux histoires des Églises orientales.

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