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Liban : l’occupation d’Ersal par les djihadistes, Œuvre d’Orient, 21.09.2014

Important village situé au nord est du Liban, de 40 000 habitants (et ± de 100 000 réfugiés syriens), Ersal subit actuellement les débordements liés à la crise syrienne.

Ersal

Principalement sunnite, cette région est baignée dans un environnement chiite. Le 2 août 2014, les combattants islamistes venus de Syrie (dont la frontière est distante de quelques kilomètres seulement), appartenant au Front al-Nosra, la branche syrienne d’al-Qaïda, font une incursion dans le village. De violents combats opposent depuis cette date le Front al-Nosra à l’armée libanaise qui a repris les positions précédemment conquises par les islamistes dans le village. Ceux-ci restent positionnés dans les vastes hauteurs qui se situent sur la frontière libano-syrienne.

De retour d’un séjour d’un mois au Liban, Antoine Fleyfel (professeur à l’université catholique de Lille) témoigne.
« Il y a eu un événement au mois d’août qui a inquiété et qui inquiète toujours les Libanais, c’est l’occupation du grand village de Ersal par les djihadistes (principalement « État islamique et Al Nosra »). Ces djihadistes avaient pris la fuite suite à la libération de toute la région syrienne de Qalamoun par l’armée du régime.
Cette occupation s’est déroulée suite à de très violents affrontements avec l’armée libanaise qui, à la différence de l’armée irakienne à Mossoul et de l’armée syrienne à Raqqa, a tenu tête aux djihadistes.
Au bout de quelques jours de combats, et suite à des négociations très compliquées, les djihadistes se sont retirés du village vers les hauteurs montagneuses, région difficile d’accès, situées entre le Liban et la Syrie. Les djihadistes ont kidnappés plusieurs dizaines de militaires libanais dont trois ont déjà été décapités par l’EI.
Des négociations sont en cours et des accrochages militaires prennent place de temps en temps entre l’armée et les terroristes. La situation est très dangereuse et le statu quo fragile. Tout peut basculer d’un moment à l’autre.
Cette situation crée depuis le mois d’août des tensions et des inquiétudes au sein de la population libanaise. Non seulement en raison de la barbarie des djihadistes et de leur action explicite pour la première fois sur le territoire libanais, mais aussi à cause de l’inefficacité du pouvoir politique à gérer convenablement ce dossier. Cela résulte d’une paralysie politique que subit l’armée libanaise qui se trouve empêchée de mener des actions militaires adéquates pour éradiquer ce phénomène.
Si les chrétiens habitant dans leurs grandes villes ou dans des régions peu ou prou éloignées s’inquiètent moins, ceux qui habitent les villages frontaliers avec la Syrie s’alarment. Certains parmi eux prennent des armes pour se défendre et collaborent pour cela, avec l’armée libanaise et dans certains cas, avec le Hezbollah, pour protéger leurs régions. »

Propos receuillis par Armelle Milcent

Œuvre d’Orient

21.09.2014

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